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L’œuvre Sainte-Jeanne-de-Valois prend son envol

Dans un monde qui respecte de moins en moins la vie, les familles catholiques concernées par l’arrivée d’un enfant handicapé mental, éprouvent des difficultés croissantes à trouver dans les structures officielles, ce qu’elles sont en droit d’attendre pour leur enfant, c’est à dire un lieu de vie conforme à leurs coutumes et leur religion.

Sainte Jeanne de ValoisC’est la raison pour laquelle est fondée l’œuvre Sainte-Jeanne-de-Valois : Lieu de Vie et d’Accueil (LVA, selon la définition de l’Administration) destiné à accueillir des personnes handicapées sorties des cycles scolaires, sans activité professionnelle et que leur famille veut maintenir occupées dans une atmosphère véritablement catholique. Il s’agit d’une œuvre de miséricorde corporelle et spirituelle, pour les bénéficiaires, leurs familles, l’entourage, et aussi d’une œuvre d’apostolat local et national.

La rédaction de Famille d’Abord a interrogé les principaux acteurs de ce projet : l’abbé Bétin, directeur de l’école Saint-Michel et qui va accueillir sur le site de la Martinerie, ce lieu de vie et d’accueil ; Dominique Thisse, chef de projet ; Hugues Revel son adjoint et François Legrier, président du MCF, partenaire du projet.

Monsieur l’abbé, en préambule, pourquoi avoir appelé cette œuvre « Sainte-Jeanne-de-Valois » et pourquoi avoir choisi le site de la Martinerie ?

Abbé Bétin : Sainte Jeanne de Valois, fille difforme du roi Louis XI, reine de France puis épouse abandonnée, devint duchesse de Berry qu’elle gouverna en grande chrétienne. Fille de saint François, elle fonda l’Ordre la Vierge-Marie (OVM), ou ordre de l’Annonciade, avec la volonté de penser, dire et faire ce que la Vierge a pensé, dit et fait. Elle supporta ses incessantes souffrances physiques et misères morales avec une résignation héroïque qui, par étapes successives, la menèrent à la canonisation en 1950. Géographiquement et spirituellement, elle est la sainte patronne toute désignée de cette œuvre.

L'implantation se fera sur le site de la Martinerie, près de Châteauroux, au côté des écoles primaire et secondaire Saint-Michel et du lycée Philibert Vrau, écoles de la Fraternité Saint Pie X. Cette proximité permettra aux pensionnaires du LVA de profiter des activités des œuvres de la Fraternité. Un spacieux bâtiment va leur être réservé. Tout en bénéficiant du complet soutien de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, propriétaire des lieux, l’association en charge de ce projet aura une gestion autonome et devra assurer son financement et sa gestion. Les pensionnaires seront accueillis pendant la semaine, pourront retrouver leur famille le week-end ou rester sur le site, rentreront chez eux aux vacances scolaires. Le site possède une hôtellerie permettant d’accueillir les familles lors de leurs passages. Un programme d’activités intellectuelles, artistiques, pratiques et physiques remplira le reste du temps dans lequel les offices religieux trouveront leur place.

Dominique Thisse, pouvez-vous nous dire plus précisément à qui est destiné ce LVA et où en est le projet ?

D. T. : D’abord quel est le public accueilli par la Maison Sainte-Jeanne-de-Valois ?

Essentiellement des personnes majeures des deux sexes, présentant un handicap mental, mais ne nécessitant pas de médicalisation particulière. Pour ce projet précis, il est prévu de limiter l’accueil à dix places tel que le prévoit la réglementation en vigueur, à travers la création de deux unités de vie de cinq personnes. Mais rien n’interdit, avec la protection de la Vierge Marie, salus infirmorum, et les soutiens matériels indispensables, de développer d’autres lieux de vie de ce type en France.

Maintenant où en est le projet ?  Une équipe de huit personnes, réunissant les compétences médicales, réglementaires et gestionnaires requises, possédant les contacts locaux indispensables et connaissant le handicap, travaille depuis plus d’une année sur ce projet. Un chemin précis et documenté a été défini pour chacune des tâches requises : dépôt de la demande d’ouverture, projet architectural et travaux, contacts administratifs et politiques locaux, recrutement et démarrage.

Vous voyez bien que c’est un long parcours qui demande à la fois des ressources humaines, un personnel d’accompagnement compétent et partageant les grandes options de l’œuvre, réalisant au quotidien l’accueil et vivant aux contacts des résidents, mais nous avons aussi besoin de ressources financières car ne nous bénéficions d’aucune aide publique afin de garantir notre autonomie.

S’agissant d’un domaine très contrôlé par l’administration et où le devoir moral de sécurité est élevé, la mise aux normes des bâtiments est un impératif. Il s’agit en effet de partir sur des bases solides. A ce coût initial d’aménagement des locaux vient s’ajouter la constitution d’un petit fonds de roulement financier qui porte le besoin total de financement à 200 k€.

C’est ainsi que l’association doit maintenant se faire connaître pour recevoir les dons qui lui permettront de démarrer son activité. Voilà pourquoi elle commence maintenant une campagne d’information, qu’elle va poursuivre tout au long de l’année, pour accéder au « nerf de la guerre ».

Hugues Revel, vous collaborez à ce projet depuis le début et avez été amené à nouer de nombreux contacts avec des associations ou organismes ayant l’expérience du handicap. Quels sont les fruits de vos démarches  ?

H R : Depuis plus d’une année nous avons développé de nombreux contacts avec des associations ayant déjà une expérience dans le domaine du handicap, et connaissant bien par ailleurs le cadre juridique dans lequel nous entendons faire fonctionner l’œuvre Sainte-Jeanne-de-Valois. Je pense par exemple à la Maison Saint-Joseph à Versailles, qui accueille des jeunes filles trisomiques, et dont les conseils nous ont été très précieux ainsi que l’association Le Grain de Blé au Mans avec laquelle nous avons également beaucoup échangé. Je veux également souligner la Fédération Nationale des Lieux de Vie  (FNLV) avec laquelle nous avons un contact régulier.

Nous avons pris langue également avec plusieurs fondations. Je pense notamment à l’Office Chrétien pour les personnes Handicapées OCH, la Fondation Jérôme Lejeune, la Fondation pour le Logement Social FLS, la Fondation Julienne Dumeste, avec lesquelles nous entretenons des relations d’amitié, dont nous espérons à terme qu’elles se solidifieront et porteront des fruits.

Ces contacts divers ont été pour nous une source réelle d’enrichissement. En effet sur cette problématique du handicap mental, que nous découvrons en tant qu’institution, il est essentiel d’acquérir un savoir-faire et donc d’étudier ce qui a été réalisé par d’autres afin de ne rien négliger sur ces questions essentielles que sont l’accueil, les soins, la prise en charge, sans oublier la vie spirituelle de nos pensionnaires.

François Legrier, le MCF est partenaire de ce projet : quel est l’apport spécifique du Mouvement dans la réalisation de ce projet ?

F. L. : Une telle œuvre ne pouvait laisser indifférent le MCF, lequel, à travers sa commission Entraide & Handicap, cherche à soutenir les familles concernées. C’est donc avec enthousiasme que nous avons accueilli ce projet et accepté d’en être partenaire. Disposant d’une structure d’intérêt général bien établie pour recevoir des dons ouvrant droit à des réductions d’impôt (IR et IS), le MCF collectera les dons destinés à ce projet et assurera la liaison avec une Fondation reconnue d’utilité publique en mesure de recevoir des dons ouvrant droit à une réduction d’ISF. Le MCF contribuera également à faire connaître cette œuvre en constituant un réseau de référents locaux qui seront en mesure d’apporter toutes les informations pratiques et auront à cœur de solliciter la générosité de donateurs dans leur entourage.