Rome 2025 : le jubilé des familles

L’année jubilaire bat son plein à Rome où les pèlerinages se succèdent pour le meilleur et pour le pire. Du 30 mai au 1er juin c’était le tour des familles de faire leur jubilé. L’occasion pour le pape de rappeler le rôle primordial des époux, et de nous engager à suivre de beaux exemples.

Les pèlerinages de l’année jubilaire

Depuis l’ouverture de la porte sainte de la basilique Saint Pierre par le pape François le 24 décembre 2024, jusqu’à sa fermeture par le pape Léon XIV le 6 janvier 2026, ce ne sont pas moins de 25 pèlerinages thématiques qui se seront succédé à Rome : jubilé des jeunes, jubilé des missionnaires, jubilé des fanfares et groupes musicaux, en plus de nombreux pèlerinages particuliers organisés par diverses associations. à ce sujet on peut regretter que le jubilé de la Fraternité Saint-Pie X, un temps apparu au programme officiel, en ait été rapidement retiré sans explication. Il aura pourtant permis à plus de 7 200 pèlerins d’affirmer dans la basilique Saint Pierre leur amour indéfectible pour la Rome éternelle. Mais les organisateurs ont préféré annoncer le pèlerinage des associations LGBTQ, autorisé par le pape François, et maintenu le 6 septembre avec le silence coupable de Rome. Pas un mot de Léon XIV lors de ce pèlerinage qui aura vu défiler une croix arc-en-ciel jusque dans la basilique Saint-Pierre : ni pour ni contre, malgré les protestations. Seuls quatre évêques, bien isolés sur cette question, ont effectué un acte public de réparation lors du rassemblement de la Catholic Identity Conference à Pittsburgh (USA), le 4 octobre dernier : Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana (Kazakhstan), Mgr Marian Eleganti, évêque auxiliaire émérite de Chur (Suisse), Mgr Robert Mutsaerts, évêque auxiliaire de Bois-le-Duc (Pays-Bas), et Mgr Joseph Strickland, évêque émérite de Tyler (Texas).

Un jubilé pour les familles

Pourtant, peu de temps avant ce triste événement, ce sont les familles qui étaient mises à l’honneur. Du 31 mai au 1er juin, 60 000 pèlerins venus de 120 pays de tous les continents ont rejoint la Ville éternelle pour passer les portes saintes et se confesser, à l’occasion du jubilé des familles, des enfants, des grands-parents et des personnes âgées. Rome s’est alors couverte des habituels « Dialogues avec la Ville » : événements culturels, artistiques ou spirituels, animés sur les places du centre historique par diverses institutions ou associations en lien avec le thème du pèlerinage en cours. On y a trouvé en action des associations proches du renouveau charismatique comme la communauté de l’Emmanuel ou les équipes Notre-Dame, ainsi que des associations d’aide éducative comme Nonno Banter 57 ou La Muse di Archimede.

Une grande « Fête de la Famille » s’est tenue le soir du 31 mai sur la place Saint Jean de Latran. Ce moment festif était animé par une présentatrice de la télévision italienne avec la participation de groupes de rock dits « chrétiens » comme The Sun et Gen Verde, l’occasion pour plusieurs associations de présenter leur action. L’événement s’est conclu par la récitation du chapelet en ce dernier jour du mois de Marie.

Le pape s’adresse aux familles

A l’occasion de la messe pontificale de clôture, célébrée le 1er juin sur la place Saint Pierre, le pape Léon XIV s’est adressé aux familles.

Il s’est appuyé sur l’évangile du jour (Jn, 1720) où Notre-Seigneur prie son Père pour que nous soyons tous un : « Comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi. »

Il a ensuite délivré un beau message aux familles : « Mes très chers amis, si nous nous aimons ainsi, sur le fondement du Christ, qui est " l’alpha et l’oméga " , " le commencement et la fin " (cf. Ap 22, 13), nous serons un signe de paix pour tous, dans la société et dans le monde. Et n’oublions pas : c’est dans les familles que se construit l’avenir des peuples.

Au cours des dernières décennies, nous avons reçu un signe qui nous remplit de joie et qui nous fait réfléchir : je veux parler du fait que des couples mariés ont été proclamés bienheureux et saints, non pas séparément mais ensemble, en tant que couples mariés. Je pense à Louis et Zélie Martin, les parents de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ; et j’aime rappeler les bienheureux Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi dont la vie familiale s’est déroulée à Rome au siècle dernier. Et n’oublions pas la famille polonaise Ulma : parents et enfants unis dans l’amour et dans le martyre. Je disais que c’est un signe qui fait réfléchir. Oui : en désignant comme témoins exemplaires des époux, l’Église nous dit que le monde d’aujourd’hui a besoin de l’alliance conjugale pour connaître et accueillir l’amour de Dieu et surmonter, par sa force qui unifie et réconcilie, les forces qui désagrègent les relations et les sociétés.

C’est pourquoi, le cœur plein de reconnaissance et d’espérance, je vous dis, à vous les époux : le mariage n’est pas un idéal mais le canon du véritable amour entre l’homme et la femme : un amour total, fidèle, fécond ».

Le mariage n’est pas un idéal mais le canon du véritable amour entre l’homme et la femme

Roberto De Mattei relève à juste titre ce sain rappel dans un de ses articles, et met en exergue son opposition avec l’exhortation Amoris Laetitia du pape François (2016) :

« Le mot " canon " dans le langage religieux, désigne […] une loi objective que tous les chrétiens sont tenus d’observer. Le mariage, un et indissoluble, formé d’un homme et d’une femme, est une institution divine et naturelle, voulue par Dieu Lui-même et élevée par Jésus-Christ à la dignité de Sacrement. La famille, fondée sur le mariage, est donc une véritable société dotée d’une unité spirituelle, morale et juridique, dont Dieu a établi la constitution et les droits. Quiconque observe cette loi reçoit de Dieu toutes les grâces nécessaires à l’observer.

Présenter le mariage comme un idéal et non comme une loi à laquelle est liée une grâce, revient à affirmer que ce modèle n’appartient pas au monde réel, mais au monde des désirs, parfois inaccessibles. C’est donc tomber dans le relativisme moral. Les hommes, pour vivre, ont besoin de principes qui peuvent et doivent être vécus : le mariage est l’un de ces principes. En revanche, l’idée que « le mariage est un idéal » transparaît dans l’Exhortation apostolique Amoris Laetitia, de 2016, dans laquelle le pape François a insisté sur le fait que cet idéal doit être proposé de manière graduelle, en accompagnant les personnes sur leur chemin ».

Cependant, pour un véritable retour en arrière, non content de dire la vérité, il faudrait encore condamner l’erreur. à quand le rejet explicite d’Amoris Laetitia ?

 

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