Fécondité, fertilité, infertilité, stérilité. Ces notions sont naturellement au cœur des préoccupations des couples et plus largement de la société. Si elles font référence à la capacité ou pas à engendrer une nouvelle vie, il importe néanmoins d’en comprendre les nuances.
La fertilité se réfère directement à la capacité biologique à donner naissance à un enfant. Elle est un potentiel et non une réalisation. Par exemple, les personnes consacrées ayant fait vœu de virginité peuvent être fertiles sans être fécondes.
L’infertilité et la stérilité font référence à l’incapacité à concevoir et engendrer une nouvelle vie. L’infertilité est naturellement cyclique chez la femme ou liée à une affection passagère (dérèglement hormonal par exemple). La stérilité est une infertilité définitive, soit due à l’âge (ménopause), soit due à une affection grave des organes génitaux chez la femme mais aussi chez l’homme, soit due à une opération chirurgicale. Il est vrai que dans le langage courant, ces deux termes sont employés pour désigner l’incapacité à donner la vie.
La fécondité est le nombre d’enfants mis au monde. La fécondité est donc liée d’une part à la fertilité (le potentiel) et l’union sexuelle (l’acte) d’un homme et une femme. Elle dépend aussi du contexte social et culturel. Dans notre société à la fois déchristianisée et scientifiquement très avancée, la compréhension fine du processus de la génération au cours du XXe siècle a, de facto, lié la fécondité au « désir d’enfant » d’une part et d’autre part, déconnecté la sexualité et la procréation. La première est devenue une simple activité récréative, la deuxième étant confiée à une science qui peut, à volonté, freiner, réduire, empêcher la fécondation (pilule, avortement, opérations chirurgicales de stérilisation) ou au contraire permettre cette fécondation par des moyens artificiels lorsque la nature fait obstacle.
Le taux de fécondité dans les pays occidentaux ne cesse de d’effondrer. Les raisons en sont connues : avortement, usage massif des moyens contraceptifs, travail des femmes sous prétexte d’émancipation, difficultés économiques, perte des valeurs familiales, individualisme, etc. On n’en finirait plus de lister tous les facteurs s’opposant à la venue d’un enfant.
Plus récemment, un autre facteur est davantage mis en avant : le développement alarmant de l’infertilité ou la stérilité, empêchant ceux qui désirent avoir un enfant de réaliser ce désir. D’aucuns y voient une conséquence de nos modes de vie. Tabac, drogue, alcool, « malbouffe », stress de la vie moderne, caractère tardif de la première grossesse sont des motifs souvent invoqués mais il faudrait aussi parler de l’emploi massif et généralisé de la pilule contraceptive et plus largement de la présence de résidus pharmaceutiques de plus en plus importants dans les réseaux d’eau potable.
Depuis longtemps, la science médicale s’est penchée sur ces questions pour tenter de trouver des solutions et permettre aux couples infertiles ou stériles d’avoir des enfants. Ces recherches scientifiques, le plus souvent effectuées en dehors de tout cadre moral et juridique malgré les mises en garde répétées de l’Église catholique tout au long du XXe siècle, ont abouti au développement généralisé des pratiques de fécondation artificielle et de procréation médicalement assistée (PMA) en dehors de toute relation naturelle.
Ce développement de l’infertilité et de la stérilité, affecte également les milieux catholiques pratiquants et nous connaissons tous dans notre entourage des ménages profondément désireux de transmettre la vie et pourtant sans enfants depuis parfois de nombreuses années. Le sujet est douloureux, souvent tabou ; il mérite pourtant d’être traité pour que cette épreuve soit vécue de façon chrétienne et surnaturelle par ceux qui la vivent au quotidien et mieux comprise par leur entourage.
Ce dossier aborde le sujet sous trois angles complémentaires :
Celui de la réalité vécue à travers trois témoignages qui permettront au lecteur d’appréhender plus concrètement l’épreuve que constitue la stérilité et les questions qui se posent à un ménage profondément chrétien ; l’un date de 70 ans mais les leçons que l’on peut en tirer sont universelles ; les deux autres sont très actuels et nous remercions vivement leurs auteurs d’avoir accepté de se prêter à un exercice difficile.
Celui de la santé avec un article sur la NaProTechnologie. Sans être un remède miracle, la NaPro propose des solutions naturelles, compatibles avec la morale chrétienne, pour prévenir, identifier et tenter de régler les problèmes d’infertilité. Elle mérite d’être mieux connue et comprise.
Celui de la sainte Église de Dieu enfin, afin de redonner cette perspective surnaturelle nécessaire pour aborder cette épreuve sans se laisser tenter par des choix contraires à ce que le Créateur a voulu. Nous nous sommes notamment appuyés sur les différentes déclarations du pape Pie XII, à la fois empruntes de grande compassion vis-à-vis des couples stériles, et lumineuses sur les raisons qui poussent l’église à interdire toute forme de fécondation artificielle. Si la procréation est la fin première du mariage, il n’y a pas pour autant de droit à l’enfant.