L’élection du pape Léon XIV le 8 mai dernier constitue un événement marquant de la vie de l’Eglise et nombreux sont les commentateurs à avoir vu le choix de ce nom comme un signe d’espérance. S’inscrire dans les pas de Léon 1er dit « le Grand », le pape qui se rendit au-devant d’Attila au Ve siècle pour lui demander d’épargner Rome et ceux de Léon XIII, auteur de la fameuse encyclique Rerum Novarum au XIXe siècle, c’est montrer le désir de s’inscrire dans une certaine continuité, désir qui a cruellement fait défaut jusqu’ici. Attendons la suite…
Editorial FDA 58
La course mythique du Vendée Globe s’est terminée il y a quelques semaines. Elle fait irrésistiblement penser à l’épître de saint Paul aux Corinthiens du dimanche de la Septuagésime à propos des courses du stade : « Quiconque veut lutter s’abstient de tout. Eux pour une couronne périssable ; nous pour une impérissable ». Ces hardis navigateurs et navigatrices ont lutté pendant des semaines, affronté les mers du Sud et les quarantièmes rugissants et se sont abstenus de beaucoup de choses pour remporter une victoire, à commencer par une victoire sur eux-mêmes.
On n’imagine pas la somme d’efforts, en amont et pendant la course, dépensée pour préparer le bateau et le coureur puis, une fois en mer, surmonter les innombrables difficultés (tempêtes, avaries, manque de sommeil, etc.). Cette course en solitaire est d’abord le résultat d’un formidable travail d’équipe. Elle symbolise donc à la fois l’engagement personnel et l’engagement collectif ; la force morale et la prouesse technologique ; le lien entre « l’avant » et « la base arrière » ; la passion et le discernement car, comment supporter ces conditions de vie si l’on n’est pas passionné par la mer, et ne pas sombrer si l’on n’agit pas avec discernement ? Elle est une mine d’enseignements pour tous ceux qui sont en situation de responsabilité.
Quant à nous, nous savons depuis Péguy que les véritables aventuriers du monde moderne sont les pères (et mères) de famille, appelés à naviguer dans un monde de plus en plus hostile à la famille. De plus en plus ? Peut-être pas… La transformation du paysage politique aux États-Unis semble ouvrir une fenêtre d’espoir. Nous y revenons dans ce numéro avec un article de Sabine Le Conte dédié à Donald Trump et le vote catholique. On est loin du « en même temps », cette étrange maladie croquée avec humour par une jeune mère de famille…
Si cette transformation se concrétise, elle pourrait alors avoir des conséquences heureuses sur notre vieille Europe et notre pays la France, soumis à un régime de dictature qui ne dit pas son nom, comme en témoigne l’article de Thierry Reveau de Cyrières sur les placements abusifs d’enfants, et pourquoi pas sur la hiérarchie de l’Église catholique, bien décidée pour le moment à persévérer dans ses erreurs, comme le montre l’article de Sixte de Saint-Louvent « Démission et nominations ».
Ceci étant, tout en restant lucides, ne nous laissons pas obséder par ce qui va mal et continuons à nous inspirer de ceux qui agissent concrètement pour le bien commun. C’est la raison pour laquelle nous publions deux entretiens : l’un avec Éric Viaud, président de l’association Maires pour le Bien Commun, et l’autre avec Anne de Bussy, présidente de l’association Artois handicap qui, avec le soutien de la fondation Sainte Jeanne de Valois, vient d’ouvrir une maison d’accueil pour personnes handicapées au pied de Notre-Dame de Lorette. Puissent ces belles initiatives encourager les uns et les autres à œuvrer dans la Cité à la restauration du bien commun.
Enfin, notre dossier évoque le plus beau des engagements : celui dans la vie sacerdotale ou religieuse sous le prisme des relations entre parents et enfants. Il espère ainsi contribuer à éclairer nos familles sur le sens de la vocation, l’éducation à donner à nos enfants pour susciter chez eux ce grand désir et, bien sûr, les relations entre les parents et leurs enfants devenus prêtres ou religieux.
Bon vent et bonne mer !
La confiance au coeur des vocations
Comme le disait Pie XI, la famille est « le premier jardin et le mieux adapté où doivent spontanément germer et éclore les vocations ». Si les vocations demeurent avant tout un don gratuit du Bon Dieu, elles nécessitent aussi un terrain favorable pour se développer, s’enraciner et porter leurs fruits.
L’exemple et les soins attentifs d’un père et d’une mère sont, sans nul doute, une condition nécessaire et certainement primordiale pour que les vocations fleurissent. Cependant, elles ne s’épanouiront dans ce terreau familial que si elles s’enracinent en confiance1.
Au cœur de la maison
Notre société moderne ne vit que pour l’instant présent et ne raisonne plus qu’en individus : les notions de foyer, de famille, de maison familiale même, tendent à disparaitre. Pourtant, pour grandir, nous avons tous besoin de nous rattacher à une terre, à des racines. Nos anciens ne s’étaient pas trompés considérant comme sacré le culte du foyer domestique. Cicéron soulignait que nos ancêtres se battaient Pro Aris et Focis, pour préserver leurs autels et leurs feux.
Editorial FDA 57
«Dieu est-il français ? » se demandait un intellectuel allemand dans les années 1920. Posons la question autrement : peut-il se trouver hors de France des champions de la défense de l’Église et de la culture chrétienne ? Une pointe de chauvinisme mâtinée d’un zeste de mauvaise foi nous ferait hausser les épaules devant une telle question.
Chers lecteurs, ayons l’esprit grand ouvert sur le large et enjambons l’océan Atlantique pour découvrir la belle figure de John Senior, ce « Socrate au pays des cow-boys » qui, dans son enseignement, a merveilleusement su montrer le rôle irremplaçable de la culture chrétienne dans l’éducation. Son livre de référence, La restauration de la culture chrétienne, sera d’une grande utilité pour les cercles qui cherchent à approfondir le rôle de la culture dans l’éducation. Après avoir traversé l’Atlantique, franchissons cette fois les Alpes pour nous rendre à Rome et nous préparer à l’année jubilaire. Dans la page Actualités, Famille d’Abord revient sur les origines du Jubilé qui remontent au temps de Moïse et à la façon de sanctifier au mieux cette année si riche en grâces.
Une fois l’esprit aéré, vous pourrez « revenir à la maison » découvrir notre rubrique Culture et formation ainsi que les nombreux sujets évoqués dans ce numéro : école à la maison : à quoi peut-on s’attendre ? Présentation du rôle de l’ACIM, Association catholique des infirmières et des médecins, par son président le docteur Philippe de Geofroy ; les questions d’éducation, notamment l’addiction aux écrans : comment y remédier ? Sans oublier Entraide handicap et nos désormais célèbres Amis du Samedi.
La maison, c’est aussi le thème de notre dossier qui s’accorde particulièrement bien avec celui de la culture chrétienne : comment donner une âme à sa maison et en faire un foyer de culture et d’éducation chrétienne ? Quel est le rôle de la maîtresse de maison ? Quelles sont les coutumes chrétiennes relatives à la maison ? En quoi la littérature nous aide à prendre conscience de l’importance de la maison ? Autant de pistes de réflexion esquissées dans ce dossier et que nous vous invitons à approfondir en famille ou en cercles.
Qu’il me soit permis en cette fin d’année 2024, de remercier chaleureusement, en votre nom, les contributeurs réguliers ou occasionnels ainsi que notre secrétaire de rédaction, qui donnent de leur temps pour vous proposer une revue familiale de qualité et nourrir votre réflexion personnelle. Si vous appréciez votre revue, faites-la connaître à vos proches et vos amis en leur offrant un an d’adhésion au MCF.
Bonne lecture et joyeux Noël !
