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Vue de Rome

Contraception ? Le Vatican ne dit pas non

En publiant en juillet 1968 l’encyclique Humanae Vitae, le pape Paul VI condamnait l’utilisation des moyens artificiels de contraception et prenait en cela le contre-pied de la commission pontificale d’experts qu’il avait lui-même nommée.

Au terme de cette décennie qui avait vu souffler le vent de la libération des mœurs, il s’en était suivi une vive opposition à laquelle nombre de clercs avaient pris part, conduisant certains d’entre eux, comme Hans Küng, à remettre en cause le dogme même de l’infaillibilité pontificale.

Un demi-siècle plus tard, ce texte structurant du catholicisme au XXe siècle se voit battu en brèche par ceux-là même qui ont pour mission d’en prêcher la doctrine. En expliquant que «la question n’est pas celle d’un changement de doctrine mais d’un travail en profondeur qui fasse en sorte que la pastorale tienne compte des situations et de ce que les gens sont en mesure de faire», le pape François semble ouvrir grand la voie aux détracteurs d’Humanae Vitae qui viennent de trouver, en la personne de Don Maurizio Chiodi, le précurseur des bouleversements à venir de la morale familiale.

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Quand le supérieur des Jésuites s’illustre de triste manière

Pere Arturo Sosa Abascal

Le nouveau préposé général des Jésuites1 nous explique qu’il convient de réinterpréter la parole du Christ telle qu’elle est rapportée par les évangélistes.

Dans ce numéro de Famille d’Abord, vous auriez tous aimé lire un texte encourageant qui aurait relaté les actions entreprises à Rome et dans les diocèses de France et du monde pour favoriser explicitement la sanctification des familles. Hélas, une fois encore, ce sont plutôt des textes controversés qui font l’actualité.

Les Lineamenta tout d’abord, document préparatoire pour le Synode des évêques de 2018 sur les jeunes, la foi et le discernement des vocations, transmis à chaque Conférence épiscopale pour « la phase de consultation de l’ensemble du peuple de Dieu ». Il y est beaucoup question pour les jeunes de « leur recherche du sens à donner à leur vie », de « joie de l’amour et de vie en plénitude », « que leur vie soit une bonne expérience », « que venir au monde signifie rencontrer la promesse d’une vie bonne », de « vocation à veiller sur les autres », d’une foi qui « devient lumière pour éclairer tous les rapports sociaux en contribuant à construire la fraternité universelle entre les hommes et les femmes de tous temps », de « servir la croissance humaine de chacun », de « parcours de maturation de la liberté », sans parler du « pèlerinage comme forme et style de cheminement », du sport comme « ressource éducative proposant de grandes opportunités ». Quand est abordée la « culture dominante », c’est pour pudiquement faire état « d’éléments souvent en contraste avec les valeurs évangéliques ». Et de s’en approprier la sémantique pour évoquer « la différence entre le genre masculin et le genre féminin [qui est] à l’origine de formes de domination, d’exclusion et de discrimination dont toutes les sociétés ont besoin de se libérer ». De salut des âmes ou d’esprit de sacrifice, nulle mention ! Ce qui est un comble s’agissant d’une vocation sacerdotale ou religieuse…

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Le coucou (1) de Familiaris Consortio : Amoris Laetitia

Loin de répondre aux Dubia, le pape François utilise Amoris laetitia comme outil de promotion de ceux qui en assureront l’applicationVATICAN LETTER r

Un an jour pour jour après que les Dubia ont été adressés au pape François par quatre cardinaux pour obtenir des éclaircissements sur les termes de l’exhortation apostolique Amoris laetitia, la salle de presse du Vatican a rendu public, le 19 septembre 2017, le motu proprio Summa familiae cura par lequel le pape remplace l’Institut pontifical Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille par l’Institut pontifical théologique Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille. Aucun des membres actuels n’est assuré d’être reconduit dans la nouvelle version de cet institut, à l’exception notable de son Grand Chancelier, Mgr Vincenzo Paglia, fervent soutien d’Amoris laetitia. Il est également prévu que le corps professoral se trouve «enrichi» par l’arrivée d’experts non-catholiques.

Deux semaines plus tôt décédait celui qui avait fondé cet Institut au nom de Jean-Paul II et qui en fut quatorze ans durant le premier Président. Celui-ci n’était autre que… le cardinal Caffara, chef de file des quatre signataires des Dubia.

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Déclaration de fidélité à l’enseignement authentique de l’Eglise

Dans le sillage des dubia exposés par quatre cardinaux et de la Correctio filialis signée par 62 théologiens et universitaires, sollicitations restées à ce jour sans réponse de Rome, 34 associations de 13 pays dans le monde, ont publié le 12 décembre 2017, une déclaration de fidélité à l’enseignement authentique de l’Eglise catholique en matière de protection de la vie et de la famille, démarche à laquelle s’est associé le Mouvement catholique des familles.

Les éloquents silences du pape François

Pape FrancoisL’exhortation apostolique Amoris laetitia n’a pas fini de faire parler d’elle. Le 19 septembre 2016, les cardinaux Burke, Brandmüller, Caffara et Meisner, soutenus par vingt-six ecclésiastiques et universitaires, ont adressé au pape cinq dubia ou doutes portant notamment sur le chapitre VIII et l’admission à l’Eucharistie des divorcés-remariés.

Ce procédé n’est pas prévu en tant que tel par le Code de Droit Canon mais il s’inscrit dans une logique séculaire de débat théologique visant à solliciter des éclaircissements formels à propos de sujets relatifs à la doctrine ou la pratique religieuse. Les derniers dubia émis l’ont été en 1987 par Mgr Lefebvre au sujet de Dignitatis Humanae, à la demande du cardinal Ratzinger. Dans un passé plus ancien, le pape Jean XXII fut, au XIVe siècle, publiquement contesté par des cardinaux, des évêques et des théologiens au sujet de la vision béatifique.

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