En reniant son Créateur, notre monde moderne divinise l’Homme et l’érige à la place de Dieu, il idéalise même une pseudo déesse Nature ! De fait, le désordre de la révolution s’étend chaque jour davantage : l’ordre naturel est nié, l’intérêt général, voire particulier, remplace une notion fondamentale, celle de la primauté du Bien commun.
Nos familles respirent cette atmosphère viciée à longueur de temps et malgré elles s’en voient imprégnées. Plus personne n’accepte de rester à sa place : les rôles d’époux et d’épouse se confondent, les pères de famille démissionnent, les mères de familles désertent le foyer, les enfants en manque d’autorité s’égarent, niant parfois jusqu’à leur sexe biologique pour se laisser envoûter par un hypothétique gender idéologique.
Il en va de même au sein de la société et des organisations, nous outrepassons trop souvent notre rôle pour faire valoir notre appréciation personnelle, cherchant absolument à avoir raison. Fort des réseaux sociaux, chacun s’instaure en juge de ceux qui sont en responsabilité, sans avoir reçu les grâces d’état pour discerner. Progressivement le désordre s’installe ainsi, l’autorité apparaît de plus en plus contestée et nous déplorons l’absence de véritables chefs.
Rappelons-nous la fable d’Ésope : l’estomac et les pieds disputaient de leur force. À tout propos les pieds alléguaient qu’ils étaient tellement supérieurs en force qu’ils portaient même l’estomac. À quoi celui-ci répondit : « Mais, mes amis, si je ne vous fournissais pas de nourriture, vous-mêmes ne pourriez pas me porter. »
Il en va ainsi dans toute société, chacun a son importance et son rôle, à cette condition l’ordre règne.
Pourtant, nos milieux catholiques se laissent aussi gangrener par cette dérive individualiste. Les prises de positions catégoriques au-delà du champ de nos compétences comme les critiques se multiplient trop souvent vis-à-vis des autorités, des responsables…
Si nous voulons restaurer une société chrétienne, Omnia instaurare in Christo, cela commence par remettre les choses en ordre : chacun à sa juste place ! En premier lieu, cela passe par savoir rester à sa place, en s’efforçant de tenir au mieux toute sa place.
