Idéalement, l'idéal ne ment pas

Parler d’idéal, oser ce mot quand le monde dans lequel nous vivons semble devoir nous pousser soit au marasme, soit aux fantasmagories les plus diverses, c’est simplement parler d’équilibre.

Sans idéal, l’homme tristement contemporain trébuche ; comme étranger à la lumière qui doit inspirer son œuvre terrestre, comme perdu dans la pénombre désespérante d’un brouillard spirituel opaque et qu’il juge trop dense pour être dissipé. Sans voir que cette densité n’est que le fruit de son propre désintérêt pour la lumière.

A l’opposé, trop plein d’idéal au point de laisser libre cours à ses propres aspirations ou de s’adonner aux ésotérismes dont la tentation toujours plus forte l’entoure, fasciné par son ego démesuré, par la recherche vaine d’aventures humaines plus ou moins romantiques, souvent camouflées sous l’habit fallacieux d’équipées humanistes ou pseudo-caritatives, l’idéaliste est aveuglé par sa propre suffisance.

Alors lui aussi, à son tour, trébuche.

Faute d’avoir cherché la seule lumière qui puisse l’éclairer.

Se vouloir pétri d’un idéal chrétien, solide, éprouvé : voilà l’équilibre. Voilà qui suffit à illuminer le parcours à suivre. Un idéal qui éclaire, qui tracte vers le haut et non pas vers le lointain, qui attire, qui sublime et qui emporte vers le Ciel.

Un idéal à transmettre : le Congrès de cette année nous invite à cette exigence. Ne passons pas à côté. Venons et invitons.

Nous ne détaillerons pas cette fois toutes les rubriques enthousiasmantes qui font le menu de votre revue : nous vous laissons les découvrir à nouveau. Mais passez du temps sur le dossier que nous vous présentons. Surtout les jeunes parents : vous y trouverez ce que vous cherchez sans doute.

L’idéal éducatif sans lequel tout le reste de nos actes est stérile : la transmission et les moyens de transmettre.

A très bientôt à La Martinerie, on vous y attend.

Les parents, premiers éducateurs

Comme dans les sociétés totalitaires de sinistre mémoire, l’Etat voudrait imposer son modèle d’éducation. Sous couvert de lutte contre l’islamisme, par la loi confortant le respect des principes de la République, il restreint l’instruction en famille et durcit les contrôles sur les écoles encore libres. Cela n’est pas acceptable pour nous catholiques, car seule la « famille reçoit le droit de donner l’éducation à l’enfant, le droit inaliénable… antérieur à n’importe quel droit de la société civile et de l’Etat, donc inviolable  «(Pie XI).

En effet, la finalité du mariage, procréation et éducation des enfants, consacre les parents comme premiers éducateurs. Nos enfants, reçus de Dieu, sont un dépôt sacré dont il nous faudra rendre compte au Ciel. Nous recevons toutes les grâces nécessaires pour réaliser cette belle mission et ne devons surtout pas démissionner que ce soit par prudence mal comprise, par paresse ou manque de confiance. Bien sûr, en matière d’éducation, l’école et les prêtres ont un rôle indispensable, « mais cette aide aura beau être grande, précieuse et large, elle ne vous libérera jamais de votre devoir et de vos responsabilités » (Pie XII).

Eduquer, c’est apprendre à aimer, c’est former une liberté, cela ne peut se faire dans la méfiance ou la critique. Si vous devez veiller à choisir des écoles vraiment catholiques, il vous faut aussi rester en cohérence avec l’autorité de ces éducateurs que vous aurez choisis, car il n’est rien de plus destructeur pour l’enfant que des divergences ou des tensions entre les différentes autorités. Et les meilleurs éducateurs ne pourront rien si la famille n’est pas un soutien réel et profond.

Gardons également à l’esprit que l’éducation « la plus efficace et la plus durable sera celle qui sera reçue dans une famille chrétienne… son efficacité sera d’autant plus grande qu’y brilleront clairement les bons exemples, surtout des parents » (Pie XI). Le MCF vous accompagne dans l’apprentissage de l’art des arts, l’éducation, avec ce dossier sur la petite enfance, comme avec le thème de notre congrès : quel idéal pour nos jeunes ? Ensemble, nous prendrons en compte les fondements de l’idéal, nous analyserons les menaces contraires et élaborerons les voies pour y remédier afin de donner corps à l’engagement de nos enfants. Tout un programme qui s’annonce passionnant ! Nous vous attendons donc nombreux à la Martinerie, n’hésitez pas à en parler autour de vous…

Ouvrir des chemins d’entraide au-delà des barrières du handicap

Selon la vision de Foi et la conception de l’homme qui leur est propre, les chrétiens savent que dans l’être handicapé resplendissent mystérieusement l’image et la ressemblance que Dieu lui-même a voulu graver dans la vie de ses enfants1. Le sujet du handicap et de l’aide que nous pouvons apporter à nos familles et aux personnes confrontées à ce type d’épreuve doit constituer un engagement fort pour le Mouvement Catholique des Familles. Cette entraide est une œuvre de miséricorde, preuve manifeste de la charité qui unit les familles catholiques.

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A vot'santé !

Chers lecteurs,

Ne nous le cachons pas : ce numéro de la revue se distingue un peu des précédents.

D’abord parce que parler de santé en ces temps troublés pourrait relever à la fois de la gageure et de l’inconscience et que ce n'est pas le style de la maison. Mais ce serait sans compter les minutes de notre magnifique et si réussi Congrès qui a relevé le défi avec brio : pour les malchanceux absents, les pages qui suivent en exposent la moelle dont ils jugeront eux-mêmes si elle ne méritait pas d’y consacrer quelques heures estivales. Que cela nous soit un encouragement à venir toujours plus nombreux à participer à cette activité majeure de notre mouvement, véritable havre de paix chrétienne et de respiration pour l’intelligence. Une vraie zone libre.

Ensuite, parce que si vos plumes habituelles continuent de s’y exprimer avec une constance dont il faut les remercier, nous avons inclus cette fois une nouvelle rubrique destinée à guider des choix toujours délicats en matière d’œuvres cinématographiques. Tous les goûts étant dans la nature, tous les dégoûts s’y rencontrent aussi, nécessairement… Nous savons donc d’avance ne pas faire l’unanimité : mais du moins aurons-nous essayé de tracer en la matière quelques pistes éclairées.

Nous vous proposons aussi d’ouvrir un chapitre « Vu de France » un peu différent : l’exposé des bonnes œuvres, connues ou moins connues, qui relèvent chez nous le gant de la poursuite du Bien commun. Tout naturellement, nous commençons par l’une des plus célèbres d'entre elles mais dont on ne sait peut-être pas tout : la Fondation Lejeune.

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Sur le pas de la porte...

Chers lecteurs,

Le temps fait bien les choses et vous voudrez bien observer à cet égard que le cadencement de votre journal n’a peut-être jamais été aussi pertinent. En effet, le dossier principal de ce nouveau numéro vient poser sur nos réflexions familiales les idées et les mots dont nous éprouvons tous la nécessité, à quelques semaines d’une échéance nationale, sans doute la plus grave de ces dernières années. Je veux parler du choix de celui et de ceux qui auront la lourde charge de présider aux destinées terrestres de la fille aînée de l’Eglise. Le Catholique dans la Cité, opus 2, pour une Cité des catholiques. Tout nous pousse à ne pas baisser les bras, tout nous oblige à nous lancer, chacun selon notre place, dans une bataille où l’abandon serait une honte et l’abstention une lâcheté coupable.

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Mens sana in corpore sano

Extraite des Satires de Juvénal écrites à la fin du premier siècle de notre ère en réaction à la décadence de Rome et des Romains, cette sentence un esprit sain dans un corps sain reste plus que jamais actuelle car, dans notre société en pleine déliquescence, il faut parfois savoir se battre pour sauvegarder la santé et l’harmonie entre le corps et l’âme.

Notre congrès « Ethique et Santé », en traitant de ce sujet brûlant, s’est attaché à promouvoir cet équilibre avec raison garder. Tout au long de ces trois jours, le triptyque à la source du MCF a pu se concrétiser et s’épanouir : fédérer nos familles d’abord, avec un nombre de participants jamais atteint ; se former ensuite, grâce aux conférences et aux ateliers de haut niveau ; rayonner surtout, à travers l’amitié qui nous unit et l’accueil de nombreux nouveaux. Cet incontestable succès, tout comme celui de notre première session pour fiancés en avril dernier, nous engage et nous donne confiance pour poursuivre cette dynamique vertueuse dont nos familles ont tant besoin.

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Combattre pour la Cité catholique...

« Il n’est pas bon que l’homme soit seul », nous dit la Sainte Ecriture. Saint Thomas, reprenant Aristote, nous enseigne que l’homme est un animal social et que la famille est la cellule de base de la société.

Or les catholiques de Tradition, trop souvent isolés, parfois découragés, ont tendance à se replier sur eux-mêmes et à abandonner le combat pour la cité terrestre. Il faut avoir le courage de lutter contre cette tentation car l’engagement dans la cité correspond aussi à l’un de nos devoirs d’état, au même titre que le devoir familial et professionnel. C’est une nécessité, ne serait-ce que pour nos enfants. Au soir de notre vie nous serons aussi jugés sur l’accomplissement de notre devoir sociétal.

Attachés à la Tradition, il est par conséquent impératif d’assumer nos responsabilités dans ce domaine en y prenant notre juste place, sans avoir peur des coups ou des revers. « Le devoir de l’heure présente n’est pas de gémir mais d’agir. Pas de gémissement sur ce qui est ou ce qui fut ; mais reconstruction de ce qui se dressera et doit se dresser pour le bien de la société »1.

L’action des catholiques peut s’appliquer dans deux directions : d’un côté l’apostolat, de l’autre l’engagement civique et social. Si le premier domaine est directement subordonné à l’Eglise, le second est clairement de la responsabilité des laïcs.

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