Le 24 décembre 2024, le pape François inaugurera l’Année sainte 2025 en ouvrant la porte sainte de la basilique Saint-Pierre, qu’il refermera le 6 janvier 2026. Dans l’intervalle, des millions de pèlerins afflueront à Rome pour fêter le jubilé et obtenir une indulgence plénière. Mais quelle est cette tradition qui revient tous les 25 ans depuis plus de 700 ans ?
Les origines du jubilé
Le jubilé trouve ses racines dans l’Ancien Testament où la loi de Moïse avait fixé, pour le peuple hébreu, une année particulière tous les cinquante ans. Elle sonnait comme une année d’armistice où les dettes étaient annulées, les terres redistribuées et les esclaves libérés. Cette institution visait à rétablir l’équilibre social et à promouvoir la justice et la charité (Lév. XXV 10-13). La trompette avec laquelle on annonçait cette année particulière était une corne de bélier, appelée « yôbel » en hébreu, d’où le nom de « jubilé ». Dans le Nouveau Testament, c’est l’avènement de Notre-Seigneur qui représente l’accomplissement final du jubilé antique, puisqu’il est venu « Publier l’année de réconciliation du Seigneur » (Is. LXI 1-2).
Le premier jubilé de l’Église catholique a été instauré en 1300 par le pape Boniface VIII pour répondre aux attentes du peuple chrétien, troublé par les guerres et les épidémies. Ce jubilé a conservé l’idée centrale de pardon et de rémission, en accordant aux pèlerins qui se rendent à Rome une indulgence plénière. Au fil des siècles, des jubilés ordinaires ont été célébrés tous les 50 ans, puis tous les 25 ans, avec quelques jubilés extraordinaires proclamés en réponse à des événements spécifiques ou situations particulières. On se souviendra par exemple du jubilé extraordinaire de la Miséricorde proclamé par le pape François en 2016, à l’occasion duquel il avait concédé aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X la juridiction ordinaire pour entendre les confessions.

